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Je suis une femme, je me définis comme féministe et je crois en l'égalité des femmes et des hommes.
Je milite surtout pour une réconciliation des sexes car la femme et l'homme ont besoin l'un de l'autre pour exister.

Malgré tout, je pense que vouloir sacraliser la femme est une erreur qui peut être lourde de conséquences, c'est pourquoi je réagis aux propos de certaines féministes qui affirment qu'une femme ne peut pas être une prédatrice sexuelle.

Il m'a fallu des années de thérapie pour comprendre et accepter que j'avais été victime de violences sexuelles dans mon enfance, et que parmi mes agresseurs il y avait une femme.
Sans doute portée par la pensée unique qui veut qu'une femme ne viole pas, je me suis dissimulée à moi-même cette vérité qui a fini par éclater.
Cette tentative de dissimulation, vouée à l'échec, a été des plus destructrices ...

Elle a usé sur moi des mêmes stratagèmes manipulateurs qu'un agresseur masculin : le secret, l'acte d'amour, la culpabilisation, etc.
Parce que les prédateurs ont un fonctionnement similaire.

Que l'on soit victime d'un homme ou d'une femme les conséquences sont, elles aussi, égales.
Je ne vous énumérerais pas la longue et fastidieuse liste des conséquences, car vous les connaissez sans doute aussi bien que moi.

Alors, affirmer que les violeuses d'enfants n'existent pas, fait de moi une affabulatrice, et pourtant je ne ment pas.
Affirmer que les violeuses d'enfants n'existent pas, me condamne au silence, à l'isolement, à la non-reconnaissance de mes souffrances … et à la folie.
Affirmer que les violeuses d'enfants n'existent pas est une négation de mon être et de mon histoire.
Et enfin, affirmer que les violeuses d'enfants n'existent pas est une insulte faite à tous les enfants qui hier, aujourd'hui et demain ; ont subi, subissent et subiront les violences destructrices de ces prédatrices.

Au nom de quoi, vous permettez-vous un tel affront, vous qui prétendez défendre la liberté et l'égalité ?
Pensez-vous que nier la face obscure de certaines femmes rendra votre lutte plus crédible, puisque irréprochable ?

En fermant les yeux sur cette réalité, qui selon vous n'existe pas, vous vous rendez complices d'un crime qui n'a ni frontière, ni appartenance religieuse, ethnique ou sociale et encore moins de sexe.

Alors au lieu de vouloir défendre l'indéfendable au nom de votre haine des hommes, prenez ce témoignage et réfléchissez aux conséquences de vos propos, car si vous n'y aviez pas songé, je vous informe qu'ils sont extrêmement outrageux pour ceux que vous niez.

J'aimerais ajouter que ma propre génitrice était un monstre de violence qui a laissé des cicatrices sur mon corps et dans mon âme, mais sans doute je ne suis qu'une affabulatrice qui ose s'élever contre le féminin sacré ...


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